Actualités réseau Innocherche
25 janv. 2016

Learning Expedition en Silicon Valley

Arnaud Winther partage ses impressions sur le voyage en Silicon Valley

 

« The sky is the limit »

 

Je viens d’accompagner, durant une semaine, une douzaine de représentants d’entreprises dans le cadre de l’association INNOCHERCHE où j’anime le Think Tank sur le Management du Futur… Au programme de la Learning Expedition : 4 visites d’entreprises par jour avec des rendez-vous sans tabou ni langue de bois, loin des « circuits touristiques » qui commencent à s’organiser dans la Silicon Valley.

Comme le dit si justement Bertrand PETIT (Président d’Innocherche), je ne suis plus « L’homme qui a vu l’homme qui a vu l’Ours », mais j’ai vu l’Ours !!! Je l’ai palpé, ressenti et même approché sa puissance…

On ne ressort pas tout à fait indemne de cette expérience !

 

« Make Money & Have Fun »
L’énergie débordante de la Silicon Valley est palpable… Est-ce l’esprit des premiers pionniers chercheurs d’or ? Est-ce la faille de San Andreas et ses ondes telluriques ? Est-ce son climat et sa luminosité si particulière ???

Toujours est-il qu’à peine le pied posé sur le sol Californien, je me sens boosté par l’atmosphère ambiante…

Bienveillance, ouverture, sentiment que tout est possible : « Make Money & Have Fun » se ressent partout. Depuis les jeunes startupeurs qui pitchent à tout va espérant détenir l’innovation qui les fera passer dans la cour des grands et ainsi devenir une « Licorne » (startup dont la valorisation atteint le milliard de dollars), jusqu’aux « dinosaures » de la Valley, au premier rang desquels Google qui se voit régner en maître du monde !!!

Nous nous retrouvons donc pendant une semaine face à une cohorte d’entrepreneurs ou d’intrapreneurs cherchant à « disrupter » les marchés existants (trouver l’innovation de rupture qui va absorber le marché auquel elle s’attaque) avec un seul mot d’ordre : la « USER EXPERIENCE »…



« Winner takes all »

Ici, l’objectif n’est plus d’être rentable le plus rapidement possible (« profit centric »), mais d’avoir le plus d’adhérents possibles (« customer centric ») afin de devenir incontournable, puisqu’à la fin il n’y aura qu’un vainqueur…

L’état d’esprit est fondamentalement différent de notre conception classique : on ne fait plus de business plan avec des prévisions budgétaires, ses n-ièmes révisions et ses KPI’s… Ici, on FAIT !!!

Dans la Silicon Valley, on bâtit le monde de demain, même si par nature, on ne sait pas ce qu’il sera… Donc arrêtons de réfléchir et faisons ! L’utilisateur aura le dernier mot par les usages qu’il plébiscitera.

Si cela ne marche pas… ça n’est pas grave, « on pivote » et ce jusqu’à ce que cela marche. Un seul modèle : le LEAN STARTUP (que vous soyez une start-up ou une multinationale).

La monétisation n’arrive qu’à la fin et devient une conséquence de son bon positionnement, on ne vit pas de ses profits mais de ses financements. Et les financements ne manquent pas : les investisseurs sont persuadés que les entreprises de demain, les nouveaux GAFA (Google, Amazon, Facebook et Apple), naîtront de ces start-up ; leur seule inquiétude = passer à côté de la pépite !

L’entreprise qui pense à elle avant de penser à ses clients n’a pas sa place dans cet écosystème particulier. Le digital (via le smartphone) donne à l’utilisateur le pouvoir. Chacune des start-ups cherche donc à apporter une solution pour lui rendre la vie plus simple. Tout se fait en « freemium » (offre gratuite avec des fonctionnalités complémentaires payantes) : la gratuité permet de tester très vite l’intérêt de sa « user experience » et d’avoir le plus vite possible le maximum d’adhérent… ou pas !

Ensuite, le business model est celui de la « subscription economy », les utilisateurs se transformant en abonnés… On ne paye plus pour des produits mais pour l’utilisation que l’on en fait, pour un usage à l’image de Deezer ou Spotify dans l’industrie musicale (on ne possède plus les titres mais on en écoute autant que l’on veut gratuitement avec publicité ou moyennant un abonnement mensuel).


Le produit, c’est NOUS TOUS…
Car bien sûr, réellement, rien n’est gratuit !!!

La guerre qui se joue actuellement c’est celle de vos données ! Les fameuses BIG DATA. Ce sont ces données qui ont de la valeur, et comme on dit chez Google : si vous avez quelque chose à cacher, alors passez votre chemin…

Car on sait tout sur vous, et avec l’Intelligence Artificielle on cherche à savoir ce que vous allez faire avant même que vous le sachiez !!!


« User Experience », « Fail Fast » et « Pivot »
Phénomène nouveau dans la Valley : les headquarters des grands groupes internationaux se font de plus en plus présents à investir pour se « disrupter » eux-mêmes plutôt que d’attendre que quelqu’un vienne les effacer de la carte parce que les utilisateurs auront trouvé une meilleure expérience ailleurs (à l’image de Kodak ou de Blackberry).

Fini les incubateurs de startups, ici on a des « accélérateurs » car l’enjeu est de bâtir l’avenir le plus rapidement possible donc on aide les startups à passer à l’« acid test » de la confrontation aux marchés le plus vite possible. Le fameux « Fail Fast » de Google : l’erreur n’est pas un droit mais un devoir !!! En revanche il faut le faire vite pour, le cas échéant, « pivoter ».

Tous insistent sur l’importance de l’écosystème de la Vallée. Ici la collaboration, le partage et l’entraide sont naturels à l’intérieur des entreprises bien sûr mais entre les collaborateurs d’entreprises « concurrentes » aussi, cela contribue à l’ambiance globale… On nous précise bien, néanmoins, que Apple, bien que physiquement dans la Vallée, ne fait parti de cet écosystème puisque tout y reste secret. 

Comme je vous le disais en introduction de ce billet, on ne ressort pas indemne d’une telle expérience… Pour moi, je reviens en me disant que le monde de demain reste réellement à bâtir et que les opportunités sont énormes ! Cela ouvre un champ des possibles considérable, nous dépensons beaucoup d’énergie en France à lutter contre ces évolutions inévitables…

Chercher à préserver un modèle obsolète ? Cela nous conduit : administrations, entreprises et individus, au burn-out inévitable lié à la surchauffe du système !!! Cela génère des peurs et un climat de dépression générale en France.

Dans la Silicon Valley, les réponses à ces peurs sont pragmatiques : ce sont les usagers qui auront le dernier mot, faisons leur CONFIANCE ! Ce sont eux qui ont le véritable pouvoir… Des dérives ? Il y en aura forcément, on apprendra en marchant et encore une fois, l’usager auto-régulera… L’énergie dépensée à anticiper des choses qui ont toutes les chances de ne jamais arriver est contre-productive !!!

Sortir de sa zone de confort, faire des erreurs, penser différemment pour s’ouvrir aux opportunités afin de se préparer à ce monde émergeant est plus que jamais mon leitmotiv.

Et vous… Qu’en pensez-vous ?

Are you ready ?

 

Arnaud WINTHER
25 octobre 2015

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