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7 mars 2016

Voyage de veille InnoCherche en Terre Cyber, Israël du 19 au 25 Juin 2016

Comment Israël est devenu un partenaire clé pour votre développement ? “Pas de Digital sans Cyber, Pas de Cyber sans Israël”

Il faut bien une semaine sur place pour comprendre la motivation de l'Etat d'Israël et de tous les acteurs de l'écosystème et notamment les points suivants :

  1. Israël - Une Île en guerre : Un Etat, qui depuis ses origines en 1947, se retrouve en guerre pratiquement continue avec tous ses voisins, doit développer une technologie forte pour sa défense et son autosuffisance.

  2. “Ideas remain small if applied to small market”: Israël a compris qu’avec un marché local trop petit de 8M d’habitants, la meilleure chose pour eux est d'exporter son savoir-faire et sa “Techno”, et ceci en partenariat avec des entreprises internationales.

  3. R&D ; Les Israéliens sont conscients qu'ils détiennent uniquement la partie R du Puzzle R&D et qu'il faut absolument qu'ils réunissent l'autre moitié en passant par des partenariats avec de grandes entreprises ayant de gros problèmes à résoudre sur leurs marchés. Dans ces partenariats, il n'y a pas de risque de concurrence car les entreprises israéliennes ne sont pas de grands groupes avec des milliers d'employés pour lesquels il faudrait maintenir ou trouver du travail. Dans les opérations d’acquisitions, les groupes globaux conservent et étoffent les équipes de recherche des sociétés achetées et font de leur succursale israélienne des centres de développement pour l’ensemble du groupe dans certaines domaines (Google, Microsoft, Apple mais aussi Merck, Roche, Coca Cola, Siemens, Bosch, etc.) en Israël. Ainsi 300 Centres de Recherche de multinationales fonctionnent en Israël, avec l’appui des autorités.

  4. Une aide pragmatique et constante “Match-Making and Funding”: Depuis 1974 et la création de l’OCS (Office du CHIEF SCIENTIST) la politique israélienne demeure constante, indépendamment des changements de Premier ministre. L'Etat vient se mettre là où le marché financier existe moins à savoir tout ce qui est impulsion sur la Recherche, “Seed money” et vallée de la mort. Depuis son origine, l’OCS a investi 650 millions de dollars sans dilution pour les entreprises et investisseurs, et sans contrepartie autre qu’un remboursement en cas de succès, mais avec une confiance dans l'efficacité économique d'un tel schéma pour le pays (retour estimé à 5 fois les montants investis). L’OCS a homologué 18 incubateurs répartis dans le pays, tenus par des investisseurs privés parfois étrangers qui sélectionnent les dossiers. Là où les investisseurs porteurs de l’incubateur mettent 100K€, l’OCS abonde 600 K€ de Seed money.

  5. Le Privé : À côté du programme d’Etat,  le secteur de l’investissement privé est structuré au sein de Fonds de Venture Capital dont plus de 70 % des fonds proviennent de l'étranger. On compte aussi beaucoup d’Angels locaux - entrepreneurs ayant fait leur premier exit devenant Angel à leur tour, tout en montant leur prochaine venture. Les liens sont forts avec la Silicon Valley.

  6. La Fondation “Startup Nation Central”, financée par Paul SINGER patron du Hedge Fund Elliott Mgt Corp, met à disposition une équipe de 30 personnes pour faire se rencontrer les entreprises étrangères intéressées et les start-ups. Ils maintiennent un listing à jour des 5200 start-ups avec chaque année en moyenne 700 entrants et 700 sortants.

  7. Académie : la proximité entre secteur économique et monde universitaire est forte avec 8 universités dans un rayon de 300 km. Financées par l'Etat à plus de 70 %, les programmes de transfert technologique sont parfaitement définis avec une forte incitation des professeurs et des académiques à travailler avec les grands groupes et à permettre à des entrepreneurs compétents de lancer des spinoffs sur la base de leurs brevets, en gardant les chercheurs au capital comme CSOs.

  8. L’armée, le ciment national : la première cause nationale est bien la Défense. Tous les jeunes y passent, après le bac, 3 ans pour les garçons et 2 ans pour les filles. En son sein, une sélection rigoureuse, elle-même préparée en amont pour déterminer et choisir le 1% de la classe d’âge qui ira dans la plus prestigieuse unité qui est la 8200 pour être formé à la cyber sécurité. Après parfois huit années dans l’armée, les meilleurs sont embauchés par leurs anciens collègues et créent ainsi une cinquantaine de start-ups par an dans ce domaine. Conséquences : aujourd'hui on recense plus de 550 start-ups sur la cyber sécurité. Bon à savoir : l’armée ne prend jamais de brevets et laisse les jeunes officiers en fin de parcours partir avec des bouts de technologie pour l’appliquer dans le domaine civil.

  9. Openness et culot : … jusque et y compris dans la Cyber.  Ce qu'il y a de plus important c'est que l'écosystème est ouvert et qu’en conséquence il marche bien. Tous sont convaincus que l’innovation vient de la transversalité… même dans le domaine du Cyber. En effet, pour avoir une chance de garder l’ennemi à distance, il faut organiser un échange d'informations constant entre experts. Tous les anciens de la section 8200 retournent, en tant que réservistes, un mois par an en formation. La compagnie d’électricité israélienne, référence en cyber protection industrielle, propose des formations « CyberGym » à leurs homologues à l’international, à l’instar de leur propre Comex formé aux travers de simulations et exercices pratiques par des hackers professionnels. De même, la Fondation Israël Tech Challenge forme en accéléré sur des stages payants de 5 à 10 mois, des codeurs présélectionnés pour leur potentiel, en s’inspirant des méthodes des écoles de formation de l’armée. Plusieurs entreprises internationales font déjà appel à ses services.

  10. OPTR (On Peut tout Repenser): Comme nous le verrons au cours de cette semaine, il n'existe pas un secteur technologique qui ne puisse être repensé au regard de tous ces développements récents et des 8 technologies qui surfent sur la loi de Moore. Et avec le culot (la Houtspa en hébreu) et l’esprit ouvert, tous les problèmes peuvent être revisités avec un regard neuf.

  11. OPTR HardWare: ainsi, ont été repensés des concepts de stockage d'énergie, de moteur à explosion, de stockage de chaleur, de traitement des eaux, d’air conditionné, de chaudières, des nano-particules appliquées aux batteries. On parle de cycles de développement de moins de 3 mois, par exemple sur des nouveaux radars ce qui était impensable il y a 5 ans. C’est toute la valeur de la transversalité technique et culturelle de la Start-up Nation, et du découplage du R et du D.

  12. OPTR SoftWare : accélération impressionnante constatée depuis trois ans dans ce domaine “SW eats the world”. Aujourd’hui, les premières versions de code peuvent être finalisées en trois mois et non plus trois ans, grâce à l'exploitation des bibliothèques de codes existants. Vous découvrirez des explications limpides du pourquoi de l'arrivée en masse de l'intelligence artificielle : la reconnaissance vocale est passée en trois ans de 70 à 97 % d’efficacité, celle de la vision est devenue avec le deep learning pratiquement meilleure que celle de l'homme ... donc les ordinateurs peuvent prendre le relais et nous débroussailler le sujet avec de l'intelligence artificielle. Ainsi dans le domaine du driverless, l’ordinateur lui au moins “n'écrit pas des Sms pendant qu'il est en train de conduire”.

  13. Des nouvelles méthodes plus rapides d’incubation avec EIR (Entreprenor In Residence) : dans le domaine de la cyber sécurité, des incubateurs déploient des nouveaux concepts de création rapide de nouvelles entreprises où l'entrepreneur pressenti embauche trois experts et travaille directement avec un client pour voir si le concept qui lui a pré-vendu est en fait efficace ; uniquement après confirmation, la start-up sera créée.

Même si le terme “Design Thinking” n'est pas pratiqué dans cette “Silicon Valley” israélienne contrairement à ce qui se passe en Californie, tous les principes y sont avec des cycles d'itération rapides, une mise rapide sur le marché d’un produit à peine fini (MVP Minimum Viable Product), une focalisation sur le problème et la “scalability” de la solution, une transversalité tout azimut des technologies, une mentalité “fail fast” du VC, une compréhension de “innovation comes from the Fringe”.

Cette approche agile - où l’on sépare le R (Recherche et/ou Techno) qui est fait en local dans les universités avec une volonté transverse forte … et le D (développement) qui est fait en partenariat avec un groupe ayant accès au marché et amenant un gros problème - parait la formule gagnante en vitesse et efficacité pour toutes les parties. En conclusion, tout cet écosystème efficace ne cherche pas de l’argent mais du “smart money” avec in fine  des projets sur des  “Big problems”.

Enfin lorsque l’on a compris que, dans ce monde digital où les objets vont se connecter de toute part (multiplication prévue par 5 dans les 2 ans à venir), la maîtrise du Cyber devient une pré-requis. Comprendre comment Israël va asseoir son leadership sur ce sujet devient indispensable. 

Et surtout, ne restez pas avec seulement une compréhension intellectuelle de la chose : pour passer à l’acte il faut de l’émotion. Il faut passer de « l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’ours » à aller voir l’Ours par vous-même et mesurer à quelle vitesse il court et comment il veut manger votre lunch.

Notre voyage InnoCherche en écosystème devrait vous y aider.

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